Vendredi 30 mai 2008
5
30
05
2008
16:52
Le bout du bout, lorsque nous croyons l’avoir atteint, que pouvons-nous faire ? Pouvons-nous repousser nos limites indéfiniment ? Lorsque la lassitude nous submerge et que de combats
nous ne voulons plus, lorsque l’importance n’a plus de nom, que de refuge il n’y a plus, que l’oubli n’est plus secours, alors, l’attente se fait absence.
Pour une fois, je vais arrêter de parler à la troisième personne. À quoi bon faire comme si de rien n’était, comme si je n’étais pas concernée.
Aujourd’hui, je suis en mesure de prévoir ma fin. Étranglée par mon épaisse carapace, je mourrai broyée dans son étreinte implacable, derrière ce mur qui était censé me protéger et que j’ai voulu
infranchissable. Cloîtrée dans cette écorce rugueuse que pas une âme n’aura tentée d’érafler tant elle paraît indestructible. Moi, pauvre recluse volontaire, je ne cherchais qu’à m’oublier.
Jusqu’ici, tout avait bien fonctionné, du moins je le croyais. En réalité je ne me posais même pas cette question. Pourquoi maintenant, quelle frayeur ai-je encore voulu occulter ? Est-elle
donc si grande, si profonde pour me taquiner ainsi ? Alors je m’interroge, ce soir mon esprit dérive et encore une fois cherche refuge. Comme Malia-Ana, j’étouffe mon cri, comme à mon
habitude, je me pince pour ne pas pleurer et si les larmes coulent malgré moi, j’insiste violemment afin de justifier ces pleurs. Je croyais que j’avais dirigé ma vie, maîtrisé mon temps, je me
supposais souveraine, mais je me suis trompée de couronne. Je n’étais que l’impératrice des parias, des numéros absents, des licenciés de la vie. J’ai été ou je me suis dupée, grugée, prise à mon
propre piège, je ne suis en fait que mon ombre. Ai-je seulement été autre que mon fantôme, ce simulacre d’humain, ce triste humanoïde ?
Comment ne pas faire un bilan, de mes objectifs passés et pour certains, atteints et révolus. Quels sont-ils pour demain ? Mon inutilité m’apparaît soudainement insurmontable. Je ne veux
plus me noyer dans ces leurres que sont tant de futilités, mon ciel s’est assombri, la lumière ne sera plus, les espoirs ont définitivement déserté mon cœur pour faire place à mes néfastes
certitudes. Je voudrais m’enfermer dans un rêve où la flore et la faune seraient royaume, où la pensée serait inutile, où le temps ne serait que secondaire, inexistant à moins qu’il ne soit que
souffle.
Qui es-tu, qui es-tu ? Et l’écho de répondre : « Je suis moi, celle que tu ne vois pas, que tu n’entends pas, que tu n’attends pas. Et je rétorque : « Mais tu ne voulais
pas, tu as passé ton temps à fuir comme si ta vie en dépendait. C’est trop tard, ferme les yeux, crie en silence et laisse ton lendemain faire son œuvre. » Amen !
Je maintiens que nous ne faisons que subir ce temps auquel nous devons nous adapter. Qui n’a pas entendu ce fameux tic-tac de l’horloge ? Cet exaspérant tic-tac qui nous nargue, sa mélopée
lancinante, destructrice de toutes les bonnes volontés qui, inlassablement, nous rappelle à son bon souvenir.
Derniers Commentaires