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Dimanche 8 juin 2008 7 08 06 2008 18:04

Nouveau stand bye pour mon blog ?

Aucun rapport, ni de près ni de loin, avec mon dernier article.

Lorsque quelques souffrances se font ressentir, certains éprouvent le besoin d’y mettre les mots « noir sur blanc ». C’est une pratique que j’utilise couramment, mais ce qui est moins régulier, voire pas du tout, c’est la publication de ces écrits, à moins qu’ils ne soient déguisés.

Rétrospectivement, je pense que j’ai voulu me lancer un défi. Quelques heures après cette publication, tous ces petits bobos étaient oubliés et ma joie de vivre reprenait le dessus. Ma nature est ainsi faite !  Les tournants de ma vie sont le résultat de mes propres choix ce qui me permet, aujourd’hui, de dire que j’ai ce que je voulais. Si le parfait bonheur n’existe pas, je peux néanmoins qualifier ma vie d’heureuse, et je mesure sans restriction ma chance. Bien sûr, j’aurai très probablement d’autres passages à vide, mais je me connais suffisamment bien pour savoir que cela ne sera que très provisoire. L’être humain est ainsi fait, nous en voulons toujours plus et alternons satisfactions et insatisfactions.

 

Merci à toutes et à tous pour vos mots, votre soutien, vos témoignages d’amitié.


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Vendredi 30 mai 2008 5 30 05 2008 16:52

Le bout du bout, lorsque nous croyons l’avoir atteint, que pouvons-nous faire ? Pouvons-nous repousser nos limites indéfiniment ? Lorsque la lassitude nous submerge et que de combats nous ne voulons plus, lorsque l’importance n’a plus de nom, que de refuge il n’y a plus, que l’oubli n’est plus secours, alors, l’attente se fait absence.

Pour une fois, je vais arrêter de parler à la troisième personne. À quoi bon faire comme si de rien n’était, comme si je n’étais pas concernée.

Aujourd’hui, je suis en mesure de prévoir ma fin. Étranglée par mon épaisse carapace, je mourrai broyée dans son étreinte implacable, derrière ce mur qui était censé me protéger et que j’ai voulu infranchissable. Cloîtrée dans cette écorce rugueuse que pas une âme n’aura tentée d’érafler tant elle paraît indestructible. Moi, pauvre recluse volontaire, je ne cherchais qu’à m’oublier. Jusqu’ici, tout avait bien fonctionné, du moins je le croyais. En réalité je ne me posais même pas cette question. Pourquoi maintenant, quelle frayeur ai-je encore voulu occulter ? Est-elle donc si grande, si profonde pour me taquiner ainsi ? Alors je m’interroge, ce soir mon esprit dérive et encore une fois cherche refuge. Comme Malia-Ana, j’étouffe mon cri, comme à mon habitude, je me pince pour ne pas pleurer et si les larmes coulent malgré moi, j’insiste violemment afin de justifier ces pleurs. Je croyais que j’avais dirigé ma vie, maîtrisé mon temps, je me supposais souveraine, mais je me suis trompée de couronne. Je n’étais que l’impératrice des parias, des numéros absents, des licenciés de la vie. J’ai été ou je me suis dupée, grugée, prise à mon propre piège, je ne suis en fait que mon ombre. Ai-je seulement été autre que mon fantôme, ce simulacre d’humain, ce triste humanoïde ?

Comment ne pas faire un bilan, de mes objectifs passés et pour certains, atteints et révolus. Quels sont-ils pour demain ? Mon inutilité m’apparaît soudainement insurmontable. Je ne veux plus me noyer dans ces leurres que sont tant de futilités, mon ciel s’est assombri, la lumière ne sera plus, les espoirs ont définitivement déserté mon cœur pour faire place à mes néfastes certitudes. Je voudrais m’enfermer dans un rêve où la flore et la faune seraient royaume, où la pensée serait inutile, où le temps ne serait que secondaire, inexistant à moins qu’il ne soit que souffle.

Qui es-tu, qui es-tu ? Et l’écho de répondre : « Je suis moi, celle que tu ne vois pas, que tu n’entends pas, que tu n’attends pas. Et je rétorque : « Mais tu ne voulais pas, tu as passé ton temps à fuir comme si ta vie en dépendait. C’est trop tard, ferme les yeux, crie en silence et laisse ton lendemain faire son œuvre. » Amen !

Je maintiens que nous ne faisons que subir ce temps auquel nous devons nous adapter. Qui n’a pas entendu ce fameux tic-tac de l’horloge ? Cet exaspérant tic-tac qui nous nargue, sa mélopée lancinante, destructrice de toutes les bonnes volontés qui, inlassablement, nous rappelle à son bon souvenir.

Publié dans : Petits bouts de moua - Communauté : BLOGS, en parler ... - Par Mary J' - Recommander
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Mardi 20 mai 2008 2 20 05 2008 16:49

Que n’exauce-t-il pas ce vœu ! Cette rencontre tant espérée avec mon Magicien des mots s’est enfin concrétisée. Hélas, la voilà déjà rendue au rang des souvenirs. Ô temps, pourquoi n’as-tu pas suspendu ton vol !

Guy Sembic, alias Yugcib, est bien tel que je l’imaginais. L’esprit aussi vif que dans ses écrits, le verbe toujours au bord des lèvres, mais pas pour ne rien dire ou pour combler une zone de silence. Le sens des mots et les sons qu’ils propagent sont efficaces, captivants, tout autant que sa plume. Ils sont le révélateur de l’homme ouvert, attentif, avide de découvertes, de transmettre, de partager. Dois-je vous dire qu’il a deux yeux (oui, il en a deux), magnifiques, pétillants de malice. Observateurs, ils emmagasinent pour imprimer dans sa mémoire, gonfler son catalogue d’images, d’instants, de parfums et d’ambiances.

Le regard quelque peu interrogateur les premières heures : Qui es-tu, Mary ? Finit-il par me demander.  Curieusement, cette question m’avait été posée quelques jours auparavant. Mais il est vrai que l’on m’a souvent taxée de « déroutante ». Je n’en avais jamais eu conscience jusqu’à ce que Jenny et Hicham m’ouvrent les yeux, et maintenant mon cher Guy. De carapaces en carapaces, empilées, enfilées au fil des ans, j’ai constitué un mur infranchissable. En protection de quoi ? Je ne saurais y répondre, enfin, si, peut-être un peu. Voilà, mon cher Magicien, je suis une énigme pour moi-même.

Comment ne pas parler de sa muse, Irène ! Petit bout de femme, je l’ai perçue rieuse, brillante, vivace et tout aussi malicieuse que son poète. J’ai été charmée par leur simplicité et la tendresse que j’ai pu lire dans leurs yeux. Charmée par ces instants magiques (normal, avec un magicien), c’est un peu comme si j’avais changé de planète, respiré un autre air… Ces merveilleux souvenirs sont désormais classés dans un tiroir qui restera définitivement ouvert, et dans la catégorie des instants privilèges. J’ai néanmoins réussi, car je n’ai pas cet instinct, à figer ces quelques moments de bonheur, mais je n’ai jamais su utiliser correctement un appareil photo. Quelques-unes sont floues, mais pas celle de la dédicace, ouf ! Quoique, un peu tout de même. 



Le chien vert est enfin en ma possession. N’avais-je pas dit que cet ouvrage serait toujours à portée de main ? Je ne m’étais pas menti ! La veille de leur départ, Guy nous a fait lecture du chapitre de Démosthène. Depuis, j’ai relu d’autres passages et désormais, chaque lecture résonnera de sa voix.

De tout mon cœur, merci Guy, merci Irène, je vous aime très fort.






Pour en savoir un peu plus sur lui, cliquez sur les photos : Un chemin pour chacune.


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Jeudi 15 mai 2008 4 15 05 2008 01:08

Un petit clin d’œil à Jenny et à Hicham, avec cet extrait du destin de Malia-Ana.

Après avoir subi un petit toilettage, ce texte s’est tout naturellement adapté à Malia-Ana Bastiani dans La Naine du Sagittaire.

Souvenirs tronqués sur ce texte :

* Je n’en avais pas fait une lettre ;

* J’avais oublié mes coups de gomme pour l’éloigner un peu de l’original. Tous ces points de suspension, auraient-ils une justification autre que celle que je lui attribuais ? Hélas, j’en ai fait un « passe partout » d’une banalité affligeante.

 

L’action se passe dans l’archipel de Santorin.

Le vent s’engouffre dans ses cheveux. Un flot de larmes inonde ses yeux, sa vue se trouble. Son pas est précipité, déterminé. De ses deux mains et de toutes ses forces, elle appuie sur son cœur pour tenter d’étouffer ce galop résonnant jusque dans ses tempes. Par intermittence, d’une main ferme plaquée sur sa bouche tremblante, elle étouffe un hurlement de douleur. Secouée par les sanglots, elle suffoque. Alors elle court, elle court de plus en plus vite… vers la falaise. Brutalement, elle s’arrête. Un pas puis deux… Le pied droit précède le pied gauche… Le temps s’immobilise. La pointe du pied droit en avant, au-dessus du vide sa jambe reste en suspend… Elle attend… La fin est inéluctable… Se laisser choir dans l’éternité, atteindre l’immortalité dans le gouffre de l’infini… Cette idée l’étourdit, un frisson l’envahit… Serait-ce déjà la fin ? Elle est tentée, son pied droit s’abaisse lentement. Elle n’a plus de doute, elle sait qu’elle ne pourra pas prendre appui sur lui. Elle a le vertige, il va l’entraîner vers le néant… Y a-t-il encore un espoir ? Une autre fin que celle-là ? Imperceptiblement, sa jambe gauche feint d’accepter tout son poids. Pourtant elle la sent prête à se dérober… Brusquement elle rejette la tête en arrière… Là n’est pas sa fin.

 

Ce séjour passé dans son pays natal ne lui avait apporté que des meurtrissures à l’âme, au cœur. Sa rencontre avec Thomas, petit français échoué dans cette île en compagnie d’un groupe de touristes, l’avait littéralement transportée de bonheur, hissée au sommet de ses émotions avant de...


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Lundi 12 mai 2008 1 12 05 2008 10:41

Les magnifiques photos et le texte de la dernière publication de Mathilde, ont ravivé quelques souvenirs. Ma mésaventure se situe à Moret-sur-Loing.


C’était ce dimanche d’été sous un soleil brûlant, où même l’ombre n’était qu’un leurre, que nous décidâmes d’aller nous baigner dans le Loing. Térésa, qui avait l’habitude d’en faire la traversée, me mit au défi d’en faire autant. Nous devions faire un aller et nous reposer sur l’autre rive avant d’effectuer le retour. Nous partîmes allégrement, mais à l’instant de poser le pied sur la berge, des herbes hautes eurent l’affront de me chatouiller les pieds. Je les assimilais aussitôt à des tentacules enlaçant mes jambes pour tenter de m’attirer vers le fond. Une frayeur incontrôlable me submergea et provoqua l’incohérence de mes mouvements. Je bus la tasse une fois, essayai de m’agripper à l’invisible en toussant et brassant air et eau. Prise de panique, au lieu de persévérer pour sortir de l’eau, je fis demi-tour. Térésa criait :

« Ne fait pas ça, c’est trop loin, tu n’y arriveras pas, reviens… »

Impossible de lui accorder mon attention. Je centralisai toute ma détermination sur la rive d’en face et j'attaquai mon retour. Térésa se remit à l’eau pour tenter de me convaincre et me ramener à la raison. Épuisée par mon affolement, toute force perdue, je finis par me sentir prise au piège. L’absurdité de ma situation me poussa vers la déraison. J’étais exténuée et la rive était encore bien trop éloignée. Je me mis à crier :

« Je n’en peux plus, je vais me noyer, au secours !
— Ne t’accroche pas à moi sinon nous allons couler toutes les deux ! »

Térésa nageait de concert avec moi tout en gardant ses distances. Tel un coach, elle ne cessait de parler pour me secouer, me motiver. À maintes reprises je faillis céder à la tentation de me laisser couler et Térésa parlait, parlait et le courage revenait. Un coup de rein avec l’énergie du désespoir et je repartais pour quelques brassées. Depuis ce jour mémorable, je suis incapable de me baigner là où je n’ai pas pied et je laisse traîner un pied, de temps en temps et tout en nageant, pour m’assurer la possibilité immédiate de me mettre debout.


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